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Cueillette sauvage, rencontre et tisanes : comment tout a commencé.

La forêt, ce n’est pas ce qu’on nous a raconté

On nous a longtemps dit que la nature était un monde de compétition. Que les plus forts mangent les plus faibles. Que chaque arbre, chaque plante, chaque champignon lutte pour sa survie.

Passer du temps en forêt, vraiment du temps, change cette lecture.

Ce que l’on voit, ce que l’on ressent, c’est tout le contraire. La forêt est l’environnement le plus fertile et le plus riche qui existe sur terre, et cette fertilité n’est pas le résultat d’une guerre. C’est le résultat d’une entraide permanente, silencieuse, extraordinaire.

Les arbres communiquent entre eux par les racines et par les airs. Ils s’échangent des nutriments. Quand l’un d’eux est affaibli, les autres lui envoient des ressources. Un arbre mort ne disparaît pas, il devient un habitat, un garde-manger, un support de vie pour des dizaines d’autres espèces. La forêt ne gaspille rien, n’abandonne personne.

Les champignons tissent des réseaux souterrains entre les arbres et les plantes. Les plantes du sous-bois profitent de l’ombre des grands arbres pour prospérer sans se brûler. Les insectes pollinisent. Les oiseaux dispersent les graines. Chacun trouve sa place, chacun contribue, chacun reçoit.

Symbiose. Résilience. Générosité. Abondance.

Ce ne sont pas des mots poétiques qu’on plaque sur la nature pour se faire du bien. C’est la réalité du vivant quand on prend le temps de l’observer. Et c’est cette réalité-là qui est à l’origine de tout ce que nous faisons.

Une rencontre, un terrain, un projet

Caroline et Meska se sont rencontrés autour d’un projet qui nous tenait à cœur à tous les deux :

Vivre différemment, et vivre ensemble.

Pas vivre ensemble au sens d’habiter sous le même toit, mais trouver d’autres façons d’organiser les liens entre les gens. Et entre les gens et la nature. C’est dans ce cadre qu’est née l’association Isao, vivre ensemble autrement, dont le fil directeur est simple, mais radical :

Redéfinir notre relation au vivant, sans hiérarchie, sans supériorité. Ni entre humains, ni entre l’humain et le reste du vivant.

association-isao

L’idée qui nous guidait, et qui nous guide toujours, c’est que l’arrivée d’un humain dans un endroit naturel devrait être une bonne nouvelle pour cet endroit. Pas une menace, pas une extraction, pas une mise en coupe réglée. Une présence qui prend soin, qui observe, qui collabore, qui trouve sa place dans le tissu déjà existant.

Dans la pratique, ça se traduit très concrètement. Quand il faut abattre un arbre, un acacia pour réparer une clôture, par exemple, nous ne décidons pas seuls. Nous demandons à la forêt. Nous observons, nous écoutons, et c’est elle qui nous indique lequel. Pas toujours celui qui nous arrangerait le mieux. Mais nous l’écoutons, et nous la remercions.

Il en est de même pour la cueillette. Avant de prendre, nous demandons. Nous sommes parfois soucieux d’en prendre trop, mais la forêt est abondance. Sa générosité est telle qu’il y en a toujours trop : on ne prend jamais tout ce qu’on pourrait prendre, on prend ce dont on a besoin, et quand on repart, on à souvent l’impression qu’il y en a toujours autant qu’avant.

Les tisanes, au début, c’était pour nous

Pendant que le projet collectif prenait forme, nous faisions des tisanes. Surtout Meska, à vrai dire.

Il y a quelques années, Meska a décidé d’arrêter le café. Il a voulu remplacer cette habitude quotidienne par quelque chose de plus sain, de plus simple. Faire chauffer de l’eau et mettre quelques plantes fraichement cueillies faisait bien l’affaire. D’abord les plantes les plus simples, des plantes qui étaient déjà naturellement là et qu’on ne peut pas vraiment confondre avec d’autres. La menthe sauvage, l’ortie, le sureau, la reine des prés, la mélisse.

Puis, au fil des saisons, le cercle s’est élargi. D’autres plantes, d’autres moments de récolte, selon les saisons, d’autres façons de faire sécher, d’assembler, de doser.

Au bout de quelques années, quelque chose s’était passé sans qu’on s’en rende vraiment compte. Les tisanes étaient vraiment bonnes. Pas juste correctes, vraiment bonnes. Au goût d’abord : des saveurs franches, complexes, qui changeaient avec les saisons, les envies et les mélanges. Et au-delà du goût, quelque chose de plus difficile à nommer, une énergie, une présence. Le fait de savoir d’où venait chaque plante, de l’avoir vu évoluée, de la cueillir, de le la sécher.

L’envie de partager est venue naturellement. Si ces tisanes nous faisaient du bien, pourquoi les garder pour nous ?

Faire pour les autres, c’est une autre discipline

Mais très vite, on a compris que faire pour soi et faire pour les autres, ce n’est pas du tout la même chose.

Faire pour soi, on peut se permettre l’approximation. Une cueillette un peu tardive, un séchage un peu trop rapide, un assemblage fait à l’instinct. On ajuste, on goûte, on recommence. Le résultat nous appartient, avec toutes ses imperfections.

Faire pour les autres, c’est une responsabilité différente. Ça demande de la régularité, de la maîtrise, de la traçabilité. Il faut que la tisane que quelqu’un reçoit ressemble à celle qu’on lui a promise. Il faut savoir exactement ce qu’il y a dedans, d’où ça vient, comment ça a été traité.

Nous avons donc commencé à monter en compétences. Plus grande variété de plantes. Meilleure connaissance des périodes de cueillette, parce que la même plante cueillie trop tôt ou trop tard n’a pas du tout les mêmes propriétés, le même goût. Nous avons découvert le séchage lent, à l’ancienne, puis construit notre premier séchoir.

Proposer une offre complète, c’est aussi accepter que la cueillette seule ne peut pas tout couvrir. La forêt est généreuse, mais elle donne ce qu’elle veut, quand elle veut. Pour avoir des mélanges équilibrés, cohérents d’une saison à l’autre, il nous fallait des plantes que nous ne trouvions pas toujours en quantité suffisante à la cueillette.

Nous avons donc lancé des cultures sur la partie champs de notre terrain. Des plantes choisies précisément pour compléter nos mélanges, cultivées avec les mêmes exigences : biologique, respectueux du sol, sans précipitation. La cueillette reste au cœur de ce que nous faisons, la culture vient simplement en soutien, pour que votre tasse soit toujours ce qu’elle doit être.

Et sur ce chemin, nous avons eu la chance de trouver un mentor.

La méthode traditionnelle, et pourquoi ça change tout

Notre mentor travaille à l’ancienne. Pas parce que c’est la mode, pas pour l’étiquette, parce que c’est un passionné qui a plus de 40 années d’expérience, et que c’est ce qui à la plus de sens.

La méthode traditionnelle pour les plantes médicinales et aromatiques, c’est : séchage lent, à basse température, dans l’obscurité. Pas de chaleur qui brûle les huiles essentielles et détruit les principes actifs. Pas de broyage qui oxyde la plante et la prive d’une partie de ce qu’elle a à offrir. Les feuilles restent entières, les fleurs gardent leur forme. On prend le temps que ça prend.

Ce qui sort de là, c’est une plante qui ressemble encore à elle-même. Qui sent comme sur le terrain. Qui a conservé ses couleurs, ses arômes, sa densité.

C’est une différence qu’on voit, qu’on sent, qu’on goûte. Et c’est une façon de travailler qui est cohérente avec tout le reste, avec l’idée que la plante mérite d’être respectée du début à la fin du processus. Pas seulement cueillie avec attention, puis malmenée ensuite pour aller plus vite.

Le respect de la plante et le respect de la forêt forment un seul geste, continu.

Ce que « Depuis la forêt » veut dire, vraiment

Nous aurions pu appeler ça autrement. Mais « Depuis la forêt » dit exactement ce qu’on veut dire.

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Depuis la forêt, parce que tout part de là. Les plantes, bien sûr, mais aussi l’énergie. La façon de faire les choses. L’idée que la qualité ne se négocie pas, que la lenteur est parfois la meilleure voie, que prendre soin de ce qui nous entoure et prendre soin de ce qu’on vous offre sont la même chose.

Ce que vous trouvez dans votre tasse, c’est le résultat de tout ça : une rencontre entre deux personnes, un terrain de nature en Loir-et-Cher, des années de cueillette et d’apprentissage, un mentor, une méthode, et une forêt qui continue de nous apprendre quelque chose à chaque moment.

On espère que vous le sentez.